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Adieu au père du « Vieux Nègre et la médaille »

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QUI N’A PAS ÉTÉ ÉMU en lisant ce classique de la littérature africaine qu’est Le vieux Nègre et la médaille*? Même un cœur de pierre comme on en compte des centaines de millions sur cette Terre des hommes ne saurait y résister. Oh! bien entendu, je ne parle pas des nazis, des fascistes, des colonisateurs de tous poils, mais des humains. Simplement des humains.

QU’ILS SE DÉFINISSENT COMME HUMANISTES, ou simplement rien du tout, ils ne pourraient rester insensibles à la lecture des aventures de ce vieux Monsieur qu’est le vieux Méka, paysan et catholique fervent, vivant sous la colonisation en Afrique. Ce dernier va apprendre que le grand chef des Blancs, le haut-commissaire soi-même va le décorer. Mais le soir-même de ce fameux jour de décoration, il se retrouve embastillé pour vagabondage et c’est là qu’il prendra conscience des arnaques subies par lui, par son peuple, via ces colons qu’ils prenaient pour ses amis, pour des frères mêmes…

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LE ROMAN EST PARU chez Julliard en 1956, mais je trouve qu’il avait très bien vieilli et quoi qu’en disent certains critiques (c’est leur métier, je n’en suis pas), ce roman est un chef d’oeuvre, rien que pour ça, je redis encore une fois merci à Ferdinand Léopold Oyono qui nous quitte à 80 ans passés. Il est cependant dommage que cet homme se soit vautré avec le temps  dans la fange la plus nauséeuse en demandant la saisie des livres de Mongo Beti, le plus écrivain africain de langue française (à mon avis). La coutume africaine qui veuille qu’on respecte une certaine trêve juste après la mort des gens (soit tant qu’ils ne sont pas mis en terre, soit durant les 40 jours qui suivent sa mort, ou encore tant que le cadavre est chaud, ce qui revient au même), je ne vous cache pas que je n’en veux plus. Cela empêche souvent de dire les choses au moment où on a envie de les dire. Et puis un accident est si vite arrivé: AVC, ACV, accident de circulation, coma éthylique, hémiplégie etc. Non, Oyono, mis à part sa belle plume, je peux le traiter de certains noms ici (je ne les écrirai pas) car il n’a pas par la suite rendu service ni à la littérature africaine, ni au Cameroun, et encore moins à l’Afrique. Mongo Beti a été un cauchemar pour le régime de Ahidjo, le « Petit peul » comme le père de Ville cruelle aimait bien l’appeler. Si bien qu’il fut menacé de mort et resta en exil tant que ce dernier fut au pouvoir. Avec son successeur (choisi par lui-même, c’est dire…), les choses n’iront pas mieux car là non plus, Mongo Beti ne leur laissant pas le temps de respirer, ils vont tout faire, depuis les rives du Wouri, jusque sur les rives de la Seine, pour lui pourrir la vie, au point que le pauvre Mongo Beti, en compagnie de son épouse Odile Töbner, frôleront la ruine dans leur entreprise d’édition. Et Oyono, homme de lettres, ambassadeur et ministre de Biya y participera en  y mettant plus que son grain de sel: du poivre et du piment, tout ça réuni.

BON, LAISSONS SON CADAVRE aller sous terre, le temps nous permettra de pénétrer plus encore le sujet.

Obambé GAKOSSO, June 2010©

 

2 réponses à “Adieu au père du « Vieux Nègre et la médaille »”

  1. 24 02 2012
    Ashanti Dahomey (15:26:16) :

    Quel entrain Obambé ? C’est un plaisir de lire des rubriques aussi bien menées. Je suis d’avis également que Mongo Béti est une figure de proue. Fort dommage qu’il soit parti si tôt. Cet homme a une assurance froide et silencieuse mais ô combien tranchante.
    Je comprends qu’Odile Tobner soit de la même engeance quand on l’écoute sur certains plateaux de TV, où les animateurs-trices ont pour mission de la noyer ou au mieux la faire taire.

    C’était ASHANTI

  2. 24 02 2012
    Obambé GAKOSSO (15:31:07) :

    Salut mon Frère,

    Merci mais surtout, quel plaisir de te lire dans cet espace. Je ne te savais pas lecteur du blog et tu m’en vois ravi et touché. Sincèrement.
    On fait ce que l’on peut, chacun avec sa pierre, sa truelle, son ciment etc. pour construire ce que nous avons à construire: cette unité que nous appelons de nos vœux.

    Encore merci.

    Oui, Mongo Beti, on ne s’en rend pas assez compte, sur un continent où des colons ont leurs noms dans des rues, avenues, boulevards etc. Odile Töbner? Tu as tout dit à son sujet!

    Force -Santé – Vie

    Obambé

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