Ndombe Opetum a zongi Bandundu na ye*

24 05 2012

Ndombe Opetum a zongi Bandundu na ye* dans Décès NO1-150x112COMBIEN DE JEUNES sur les rives du Congo connaissent Ndombe Opetume** ? Le nom de Ndombe fait plus penser à Baby Ndombe, fils de Pepe Ndombe, un des surnoms de ce très grand auteur, compositeur et chanteur que la nature nous a donné. Hier soir, la nouvelle est tombée : après une attaque à son domicile, l’artiste a été transporté à l’hôpital de Kintambo. Il y décédera peu après.

NO2-150x150 dans DécèsLE TEMPS PASSE ET nous voyons ces grands artistes qui nous ont égayés s’en aller un à un. En pensant à sa mort, je ne peux m’empêcher de faire voyager mon esprit vers ce mois d’octobre 1989 quand nous apprîmes le décès du Grand Maître, Luambo Makiadi. Et des années après, c’est le Seigneur Ley, Tabu Sinamuey, qui est frappé par un AVC (juillet 2008). Je cite ces deux monuments de la musique congolaise en évoquant la mémoire de Pepe Ndombe car il les a bien connus, ses deux aînés. En effet, né en 1947 dans le Bandundu (Ouest, Sud-Ouest de la RDC), il était plus jeune de 17 ans du premier et de 7 ans du second***, il arriva très jeune à l’Afrisa International, groupe musical crée et dirigé par Tabu Ley. Nous sommes en 1965, le groupe de Tabu Ley subit des pertes terribles avec le départ du jeune mais néanmoins très talentueux Sam Mangwana ainsi que d’autres artistes. C’est alors que Tabu Ley fait appel à ce jeune homme dont il a remarqué la très belle voix. L’occasion est trop belle pour Ndombe qui déjà était admirateur de Tabu Ley du Grand Kallé, mais ses parents avaient mis un frein à ses velléités musicales, estimant que ce n’était pas un métier sérieux et que les études, il n’y avait rien de tel. Ndombe laisse tomber l’administration de la ville de Kikwit (ville du Bandundun) où il exerçait au service de la paie des fonctionnaires et où il jouait déjà dans le Select Jazz. Dans ce groupe, ses talents d’auteur-compositeur conquièrent les mélomanes. Je retiendrai sûrement cette belle chanson, Hortense, où il chante l’amour pour une femme, originaire de l’autre côté du fleuve.

                       Hortense na zali moyembi

                       Mosala na ng’e zalaka lokola soda

                       Na ko kota na suwa

                       Na mema yo na mboka Brazza

DANS LES ANNÉES 70, un nouvel éclair frappe le ciel déjà très tumultueux de la musique de la rive gauche du Congo : Pepe Ndombe et d’autres cracks quittent Tabu Ley, du fait d’une gestion financière qu’ils trouvent mauvaise. Ils créent le groupe Afrisam. Malgré quelques tubes comme Kamuleke, au bout de 4 ans d’existence,  Afrisam coule et Ndombe se retrouve tout seul. C’est là que Luambo Makiadi pour l’intégrer dans le Tout Puissant Ok ! Jazz. Il évoquera cette nouvelle vie dans sa célèbre chanson Voyage na Bandundu où sa région natale est chantée avec grâce. Comme dans le domaine artistique les choses ne sont jamais simples, il quittera ensuite l’OK ! Jazz en 1982, formera un nouveau groupe qui lui non plus ne durera qu’un laps de temps. Il retourne à l’OK ! Jazz et fera partie des cadres qui ne supporteront pas longtemps l’emprise et les desiderata de la famille biologique de Luambo Makiadi sur la gestion du groupe, qu’ils considéraient comme un bien privé. En 1993, il s’en va avec le poète Lutumba Simaro et d’autres. ils créent à leur tour Bana Ok !

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ON N’OUBLIERA JAMAIS ses tubes, Masha Masha, Mawe, Youyou. Du talent brut, ce gars. Il nous laisse pas moins de 125 chansons de toute beauté. Au moment de taper ces lignes, je vois les photos du jeune homme qu’il fut, avec sa touffe de cheveux et les pattes d’éléphant des 70’. Je vois les images de l’homme en pleine maturité, le crâne beaucoup moins touffu. Oui, le temps passe et il nous prend beaucoup. Mais il nous donne tellement de joies aussi. Merci Ndombe Opetume. Que nos ancêtres t’accueillent comme il se doit.

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Obambé GAKOSSO, May 2012 ©

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* Ndombe Opetume a rejoint son Bandundu

* : On écrit tantôt Opetum, tantôt Opetume. Mais, est-ce bien important ?

** : Les mauvaises langues me disent tous les jours que mon Tabu Ley ne peut être né en 1940, bien avant plutôt… D’ailleurs, pour Ndombe Opetume, certaines sources disent qu’il serait né en 1944.

 


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7 réponses à “Ndombe Opetum a zongi Bandundu na ye*”

  1. 25 05 2012
    Letsaa La Kosso (14:55:22) :

    Paix à son âme. Nzéla wana ya bato nyonso! Il faut reconnaître que c’est déprimant de voir partir comme ça tous ceux qui ont égayé notre jeunesse. Après cette génération ce sera la mienne.
    Repose en paix l’Artiste, tes mélodies qui ont bercé ma jeunesse continueront à bercer mes vieux jours. Car les jours passent, mais les souvenirs rejaillissent.
    Bien le salut.

  2. 25 05 2012
    Nyosi (16:03:24) :

    Bonjour jeune homme,

    Suite au mail que je t’ai envoyé je fais mon intervention sur cet espace.
    Bravo à toi.
    Je suis très sceptique devant tous ces moyens modernes de communication. Mais je dois reconnaître que depuis midi, je passe mon congé sur ton blog et je ne suis pas déçu. Bravo.
    Tu n’étais pas né quand Ndombe a commencé la musique. Je pourrais en parler des heures durant sans me fatiguer car je le considérais comme le meilleur d’entre tous. Il avait du talent, cet homme à peine plus âgé que moi.
    Concernant son âge, c’est difficile d’évaluer avec exactitude, pour nous qui sommes nés dans des endroits où le papier ne voulait pas arriver. Mais je pense que tu n’es pas loin. Il doit être né entre 1943 et 1965. C’était la même génération que les Youlou Mabiala et Cie.

    Que son âme repose en paix et bravo pour ta promptitude à écrire des billets.
    Passe au roman, s’il te plaît. Ne gâche pas ainsi ton talent. Passe au roman.

    Nyosi.

  3. 25 05 2012
    Nyosi (16:10:43) :

    Je corrige: entre 1943 et 1947.

    Désolé.

    Nyosi

  4. 25 05 2012
    Alain (16:11:35) :

    Grand Nyosi (je suppose que vous êtes vieux),

    Ne soyez pas désolé, c’est l’émotion.

    Bambi,

    C’est qui la femme de Ndombe Opetume? Je ne l’ai jamais vue.

    Alain

  5. 25 05 2012
    Molekinzela (16:49:05) :

    C’est avec beaucoup de tristesse que j’apprends la disparition de Ndombe Opetum alias « Mwana N’Dombe ».
    La dernière image que je garde de lui, c’est sa participation au concert organisé par Koffi Olomidé en hommage à Tabou ley il ya près de deux ans…
    Avec son humour habituel, alors qu’il chantait en duo avec Koffi, il a dit à ce dernier:au cours d’une intermède: « bimissa nanu ba documents to signer »….
    En des termes à peine voilés, il faisait implicitement allusion au côté fourbe et mercantile de Koffi, qui a toujours « roulé » les autres artistes en affaires….
    Ce dernier avait ri jaune et a soigneusement évité de s’étendre sur cette plaisanterie.
    N’Dombe opétum voulait simplement faire comprendre à Koffi qu’il n’était pas dupe et que le bénéficiaire de cette soirée serait d’abord Koffi et non le grand Ley…
    Je me rappelle aussi d’un concert qu’il avait donné chez Faignon au début des années 70 avec son orchestre « Afrisam »: il existait une règle non écrite à Poto-Poto qui avait établi que certains « durs à cuire » du quartier devaient entrer gratuitement à tout concert joué chez Faignon… Ils s’engageaient à garantir en contre partie la sécurité du concert en évitant tout incident fâcheux…
    Tous les orchestres qui se produisaient chez Faignon se pliaient à cette exigence non écrite sauf Mwana NDombe qui n’a pas voulu obtempérer.
    Il s’en est suivi une bagarre monumentale à 6 contre 1 où Mwana Ndombe a mis hors d’état de nuire les 6 malabars qui avaient osé s’opposer à lui.
    On disait de lui qu’il avait un coup de tête terrible et il a allongé par terre les 6 lascars qui avaient osé le défier…
    Du coup on lui manifestait beaucoup de crainte et de respect quand il venait jouer à Brazza.
    Son célèbre « Hortense » est un peu l’équivalent du « Masuwa » de Pablito Bamélo.
    Ca se passe toujours au bord du fleuve Congo…
    On l’a souvent classé dans le « style Rochereau » avec des chanteurs comme Sam Mangwana (l’un des derniers dunosaures encore vivants), Dalienst, Kiambukuta Josky etc… Pourtant tous ces chanteurs se sont formidablement adapté au « style OK Jazz ».
    Paix à son âme.

  6. 26 05 2012
    Obambé GAKOSSO (00:24:07) :

    Ndeko na ngaï,

    Tu mérites vraiment le titre d’encyclopédie vivante. Je ne connaissais pas, alors là, pas du tout, cette facette de Pepe Ndombe. Le coup de tête des deux rives du Congo est tellement légendaire que nombre de mes frères gabonais ne cessaient de m’en parler du temps où nous chauffions encore les bancs des écoles avec nos postérieurs. Pour eux, il ne pouvait y avoir plus fort qu’un Congolais. Visiblement, Ndombe était du lot! Il aurait pu très bien combattre le célèbre Edingwe moto na ngenge… 6 contre 1? Ces lascars portaient bien leur surnom car quand on est un Monsieur, on n’attaque pas à 6 contre 1. Même pas à 2 contre 1.

    Ndombe aimait sa terre du Bandundu et son Voyage na Bandundu est vraiment l’autre versant de la chanson de Pamelo Mounka.

    @+, O.G.

  7. 28 05 2012
    Molekinzela (16:15:39) :

    Ndeko na ngai,

    Je peux t’assurer que ce ne sont pas les six « yankee » de Poto-Poto qui avaient pris l’initiative de la bagarre, même s’ils jouaient sur l’intimidation en espérant simplement, comme d’habitude, bénéficier de l’entrée gratuite chez Faignond pour le concert d’Afrisam.
    C’est bien Ndombe Opetum, qui, constatant que les atermoiements s’éternisaient et l’empêchaient de jouer, alors qu’il avait clairement signifié son refus de laisser entrer gratuitement les six lascars… Il a alors subitement décidé de mettre fin de façon expéditive à cette situation.
    Il s’est directement acharné sur le plus costaud de ses adversaires et a neutralisé toute la bande avec un coup de boule administré successivement à chacun d’entre eux.
    On se rappelle d’ailleurs qu’il a rattrapé le dernier de la bande qui tentait de fuir, constatant l’effet démonstratif des dégâts causés sur ses amis qui étaient tous allongés par terre…
    A vrai dire, Mwana NDombe avait joué sur l’effet de surprise pour maîtriser la bande, en étant très sûr de l’effet et la puissance de son coup de tête qu’il administrait avec beaucoup de précision et d’efficacité.
    Il faut avouer qu’au début des années 70, Poto-Poto était compartimenté en petits territoires régis par des bandes qui faisaient leur lois.
    Je peux t’assurer que l’épisode de chez Faignond avec NDombe Opetum nous avait fortement marqué à Poto-Poto.

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