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Et si la présidente Cristina Kirchner faisait un tour en Afrique centrale ?

18 04 2012

Et si la présidente Cristina Kirchner faisait un tour en Afrique centrale ? dans Economie images-144x150LA NOUVELLE EST TOMBÉE, et depuis, elle ne cesse de secouer les milieux politique et économique espagnoles. Ce n’est pas peu de dire que le royaume ibère est sens dessus-dessous. L’Argentine, par la voix de sa plus haute représente, Mme Cristina Fernandez de Kirchner a décidé de nationaliser la compagnie pétrolière YPF, filiale de l’Espagnole Repsol, ce lundi 16 avril 2012. L’Argentine, sous la forme que nous lui connaissons est un peu une création de l’État colonial espagnol, du temps où ce royaume européen était l’un des pays les plus puissants au monde, sinon le plus puissant.

index2-150x119 dans EnergieLES ARGENTINS ONT ACQUIS leur indépendance en 1816. Ce n’est donc pas une affaire qui date d’aujourd’hui. Malgré la crise économique qui avait mis ce pays à la rue il y a quelques années, il y a un véritable État qui existe avec des Hommes qui ont une certaine conscience de leur pays. Il suffit pour s’en convaincre de remonter à 2003, année qui avait vu l’élection de Nestor de Kirchner, époux de l’actuelle présidente. En arrivant aux affaires, il avait très vite le fait le tour de la question et la conclusion pour lui ne nécessitait guère le concours des plus grands économistes de l’univers: en 2003 par exemple, l’Argentine avait refusé d’honorer une « dette » de 3 milliards de dollars US. Deux jours plus tard, les deux parties trouvaient un arrangement nettement en faveur de l’Argentine… Son épouse (élue en 2007 puis réélue en 2011) est de la même fibre politique. Peu importe la fibre politique dont on peut se réclamer, une analyse fine des faits est très intéressante à faire. YPF était une entreprise argentine au départ. Elle est privatisée en 1993, comme le voulait la mode, avec de fortes incitations des IFI qui conditionnent souvent ce genre de pratiques pour pouvoir « prêter » de l’argent après. En Afrique en général, au Congo en particulier, on connaît ces méthodes brutales qui ont mis tant de femmes et d’hommes à la rue. Or, YPF évoluait dans un secteur plus que stratégique, celui des hydrocarbures. L’Argentine était alors exportateur net de pétrole et en cédant cette entreprise à un groupe espagnol, elle a perdu sa souveraineté énergétique. Et, avant que l’idée de Mme Kirchner ne se transforme en réalité, c’est ce travail d’explication qui a été entrepris auprès du peuple argentin, de la classe politique etc. Les Argentins ont compris qu’ils ne pouvaient s’amuser à dépenser 10 milliards $ US (comme en 2011) pour importer du pétrole alors que le pays a les capacités pour inverser la tendance. Au Brésil, le géant Petrobras est détenu à 51% par des capitaux publics. Ce n’est pas rien ! YPF, de plus, c’est 40% de la production des hydrocarbures du pays et 60% de la distribution : une position de domination insupportable pour les Argentins. Depuis des semaines, les Espagnols, unis comme les doigts d’une main ont menacé le gouvernement argentin : en vain ! L’affaire a toutes les chances de se terminer devant un tribunal puisque visiblement RESPSOL va porter plainte, s’estimant lésée dans cette renationalisation.

 

Raffinerie-150x99 dans Politique

Raffinerie de pétrole au Nigeria

LES AFRICAINS UNIVERSALISTES qui regardent tout le temps le doigt européen avant de réfléchir puis de prendre une décision devraient sérieusement suivre cette affaire car c’est une leçon implacable pour nous. Le Nigeria a du pétrole pour arroser tout notre continent, mais il lui manque des raffineries. Avant la crise qui secoue le Mali depuis quelques semaines, le pétrole coûtait moins cher dans ce pays qu’au Congo. Faut-il rappeler que le Mali ne produit à ce jour aucune goutte de pétrole ? REPSOL est accusée par l’Argentine de ne pas faire d’investissements, ce qui explique le déclin de la production pétrolière argentine. De mémoire, je n’ai jamais entendu un seul président dire ce genre de choses à l’encontre des compagnies qui exploitent le pétrole sur notre continent. Pire, nous en avions u n comme Pascal Lissouba qui avait avoué que le Congo ne savait pas quelle quantité d’hydrocarbures quittait le large de notre pays pour l’Occident. Très récemment, le président centrafricain, François Bozizé a dit qu’il ne savait pas quand est-ce que le Trésor public centrafricain commencerait à recevoir les dividendes issus de l’exploitation par une société française par des mines de son pays.

 

Repsol-150x48LES MÊMES AFRICAINS DEVRAIENT aussi regarder avec quelle célérité l’Union européenne, appelée à la rescousse par REPSOL et le gouvernement espagnol du président Mariano Rajoy, leur a apporté son soutien. Il faut rappeler que YPF représente un tiers du CA de REPSOL : ce n’est pas négligeable et c’est cette filiale qui en a fait un géant mondial. J’ai eu un sourire en lisant que Mme Fernandez de Kirchner a dit que la majorité des pays producteurs de pétrole garde le contrôle de la principale ressource énergétique dans leur giron. J’aimerais qu’elle fasse un tour en Afrique centrale pour constater que nous en sommes loin. Trop loin!

 

Obambé GAKOSSO, April 2012

 


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5 réponses à “Et si la présidente Cristina Kirchner faisait un tour en Afrique centrale ?”

  1. 18 04 2012
    Alain (21:12:34) :

    Bambi,

    Cette femme est tellement belle que si elle va en Afrique centrale, elle va se faire courtiser par tous nos présidents Souviens-toi de Bongo Omar…

    Alain

  2. 18 04 2012
    B.C. (21:19:24) :

    Alain,

    Je te rassure: elle n’ira jamais en Afrique centrale. Il suffit qu’elle lise ce blog pour comprendre que chez nous, c’est la non-humanité qui est aux affaires, dans cette fameuse Afrique centrale…

    Quand tu parles de Bongo Omar, tu veux parler de cette pauvre miss Pérou?

    B.C.

  3. 18 04 2012
    Alain (21:24:24) :

    Oui, B.C.,

    Le père Bongo voulait sauter cette gamine qui aurait pu être sa petite-fille. Ces hommes de pouvoir sont de vrais pervers… J’adore les femmes, mais pas à ce point.

    Alain

  4. 20 04 2012
    St-Ralph (13:20:28) :

    Quand j’ai appris cette histoire, j’ai tout de suite pensé à la nationalisation du canal de Suez ! Je crois sincèrement que quand on a les moyen d’assumer l’exploitation d’une entreprise aussi vitale pour un pays, il faut absolument qu’elle passe sous la coupe de l’Etat. Il n’est pas bon de laisser des sociétés universellement reconnues d’utilité publique entre les mains du privé. Il en est ainsi de l’eau, de l’électricité, de la poste. Les privatisations en France ont été souvent faites pour favoriser les grandes familles financières. Le FMI encourage les pays africains à privatiser les sociétés d’état afin de permettre aux grandes sociétés étrangères de s’implanter sur le continent !

  5. 20 04 2012
    Obambé GAKOSSO (21:18:13) :

    Mon cher St-Ralph,

    Excellent, le rappel que tu fais sur le Canal de Suez. Le plus incroyable c’est qu’en bientôt 60 ans, on n’a pas vu une majorité de leaders africains emboîter le pas de Gamal Abdel Nasser et aller jusqu’au bout de cette logique qui va vraiment dans l’intérêt des masses. Certains ont essayé: soit ils ont rapidement reçu un billet aller-simple pour l’au-delà, soit ils ont subi un coup d’État. On ne le dit pas assez, mais l’une des raisons de la haine des officiels français à l’encontre du président Gbagbo est par exemple la SOTRA. Quand la Côte d’Ivoire a choisi comme partenaire technique une société italienne plutôt que française, le sang à l’Élysée n’a fait qu’un tour. Le président Robert Mugabe lui, je me demande comment il fait pour tenir, malgré tout: parce qu’il n’y a pas d’armée coloniale dans son pays?

    @+, O.G.

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