DIMANCHE NOIR (Poème de Rufin Hodjar)

15 03 2012

 

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Dimanche 04 mars 2012

AU MOMENT DE TAPER ces lignes, il me vient cette citation de Saint-John Perse: Poète est celui-là qui rompt avec l’accoutumance. Suite au drame vécu le dimanche 04/03/2012 dernier, l’artiste Rufin Hodjar a écrit un poème qu’il nous offre à lire. Amis de la poésie, savourez. Ceux qui ne connaissent pas encore cet art que j’apprends à connaître, faites comme moi: découvrez!

Obambé GAKOSSO March 2012

 

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Le poète Rufin Hodjar

La nuit était apparemment calme

Mais qui pouvait avoir le sésame

Pour deviner ce lendemain sombre 

Qui secrètement projetait son ombre

Pour porter un coup fatal

Dans ce quartier de la capitale

Qui s’est transformé en brasier

Avec le concert macabre des obusiers

Ils habitaient ce paisible terroir

Qui s’est transformé en mouroir

Donnant une image apocalyptique

Puis  revêtir un aspect fantomatique

En un laps de temps

Dans un climat inquiétant               

Emportant les âmes de ces innocents

Qui aujourd’hui payent de leur sang

Nous sommes plongés  dans la tristesse  

Les choses se sont passées en  vitesse

Et l’on ne cesse de se questionner

Tellement qu’on est étonné

La providence nous a-t-elle abandonné

Alors que nous lui avons tout donné 

Pourquoi cet acharnement du sort

Qui nous laisse sans réconfort 

Face à ce drame inimaginable

Notre peine est inconsolable.

Car en ce  dimanche noir

Nous avons perdu nos manoirs

Des êtres qui nous étaient chers

Ont souffert dans leur chair

L’espérance devient  illusoire

Quant à la  vie, dérisoire

Tous les jours nos larmes coulent

Image du désarroi qui en découle              

L’immensité de la douleur au cœur

L’intensité des pleurs en chœur

Montrent notre impuissance

Et justifie notre innocence

Toute la nation endeuillée et attristée

Emportée dans un élan de solidarité

Assiste ses pauvres victimes

Qui pourtant avaient notre estime

Elle traverse des moments douloureux

Dans un contexte malheureux. 

Quelle  sera la couleur de l’avenir

Cette question reste à définir

Mais, le souvenir de ces visages meurtris

Restera gravé dans la mémoire de la patrie.

 

Rufin Hodjar, March 2012 ©


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2 réponses à “DIMANCHE NOIR (Poème de Rufin Hodjar)”

  1. 15 03 2012
    Catherine Gakosso Giguel (14:12:53) :

    Félicitations Monsieur N’GAKOSSO…
    Une bonne façon de comprendre la poésie est de la considérer comme un grand rêve du réel.
    Le poète est un rêveur éveillé qui parvient à nous donner une vision exacte du monde et des images qui s’y trouvent. Car notre éducation et notre usure de vivre finissent par nous voiler la réalité. À force de les regarder nous ne voyons plus les choses telles qu’elles sont, nous les voyons telles que nous pensons qu’elles sont. Le poète nous rend notre regard d’enfant. Notre regard premier. L’homme a inventé le langage pour décrire avec des mots les images de ce qu’il voyait. Le poète fait l’opération inverse : il utilise les mots pour repeindre les images exactes. La poésie, comme le dit Octavio Paz, c’est : «les paroles éparses du réel» La vraie poésie doit donc être capable de frayer son chemin toute seule jusqu’à notre cœur pour y empêcher nos émotions de se dessécher, en ravivant en nous les images de la beauté du monde. « La poésie est un échange entre tous, à un niveau de conscience où les phrases deviennent porteuses d’une signification, à la fois plus lourde et plus légère que les mots eux-mêmes, et que l’esprit saisit d’emblée,- sans traduire. »

  2. 15 03 2012
    Lionel Sanz (19:23:35) :

    Merci Rufin pour ce poème et à Obambé (Bambi) pour l’avoir relayé.

    Pardonnez moi l’un comme l’autre, les morts ne m’importent plus, leurs souffrances sont achevées. Je ne pense plus qu’aux survivants, et je n’espère qu’une chose, c’est qu’ils n’en arrivent pas à envier le sort de ceux qui sont partis.
    Dans ce Congo que nous chérissons tant, il est d’une banalité consternante de dire qu’on se préoccupe davantage des morts que des vivants. Nous devons inverser la tendance.

    Rufin mon ami, abuserais-je si je te demandais d’écrire un poème ou une chanson pour ceux-là, ceux pour lesquels le calvaire continue dans les camps sans confort sanitaire et auxquels on oublie de distribuer l’aide recueillie ?

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