Bradage de la Santé: le Parlement grec dit non

26 01 2012

 

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Vue du Parlement hellène

L’ON NOUS A SOUVENT VENDU que la démocratie était le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple. Nous avons dit « Oui ! » L’on nous a souvent dit que l’Europe, depuis la chute du Mur de Berlin était un immense havre de démocratie et que nous devrions nous en inspirer. Nous avons répondu la même chose. L’on nous a enseigné – même par des historiens africains (formés il est vrai sur les bancs des facs occidentales) – que la Grèce était le berceau de la démocratie occidentale. On a dit « Pourquoi pas ? » Quand un référendum est organisé en Europe, on nous dit que c’est la meilleure manière de chercher à savoir si le peuple est d’accord ou pas avec une mesure.

La-ayuda-del-FMI-a-Geacia-copia-150x109 Euro dans PolitiqueCURIEUSEMENT, LORSQUE L’ANCIEN Premier ministre grec Géòrgios Papandréou avait décidé de soumettre à référendum le plan d’austérité imposé comme conditionnalité par ses « alliés » et « partenaires » pour pouvoir bénéficier de nouvelles tranches d’aide, l’Europe libérale et ultralibérale avait crié au scandale. D’un seul coup, je me suis dit, Tiens, le mot démocratie doit avoir encore changé de sens. Encore une preuve que ces choses sont à géométrie variable pour l’Occident. On sait ce qu’il est advenu du gouvernement grec : pris entre deux feux (le peuple et les bailleurs de fonds), il a volé en éclat et une nouvelle équipe a été mise en place (sans passer par la case élections : je ne vous dis pas comment on aurait hurlé au déni de démocratie si la chose avait eu lieu au Sud du Sahara !!!) Pendant que les media étaient focalisés d’une part sur les 10.000.000 de sommets « de la dernière chance » qui devaient sauver et la Grèce et l’Euro, pendant que l’on nous parlait des « Grecs-qui-ne-travaillent-pas-et-qui-ne-paient-pas-d’impôts », l’on oubliait de nous montrer la réalité des hôpitaux grecs qui commençaient à ressembler à certains hôpitaux africains : les chimiothérapies n’étaient plus traitées faute de moyens.

FMI-150x125 GrèceLE GOUVERNEMENT qui a succédé à Papandréou vient d’essuyer un terrible revers. Le Parlement grec a en effet rejeté les mesures d’austérité imposés par les « alliés » et autres bailleurs de fonds, concernant la Santé. Les élus grecs ont eu un sursaut d’orgueil : quitte à mourir, autant le faire avec du panache. La Santé n’est pas une denrée négociable comme une pointe d’ivoire ou une louche de caviar. Je ne vous dis pas comment les « partenaires » de la Grèce n’apprécient pas du tout la chose : la démocratie est de nouveau remise en cause. Laissons un moment les histoires européo-grecques pour rentrer chez nous. Et si chez nous aussi on pouvait avoir des parlementaires courageux, capables de rejeter les comprimés imbuvables que nos dirigeants veulent nous faire ingurgiter de faire, après avoir reçu les ordonnances de la part des IFI * ? Chaque fois, ces ministres rentrent de Paris, Brussels, Bretton Woods avec des documents signés et paraphés et le lendemain nous apprenons que les traitements des fonctionnaires ont subi des coupes sombres ; que les projets de construction d’écoles et d’hôpitaux (quand projets il y a) sont annulés. Je veux bien que l’on accuse – moi le premier – nos dirigeants d’incompétence et d’incurie du soir au matin, mais peut-on décemment penser que cela soit valable pour tous ? Pense-t-on aux couteaux que nous avons sous nos gorges, aux pistolets à nos tempes et aux épées de Damoclès au-dessus de nos têtes que pas grand monde ne voit ? Les Africains devraient plus que jamais se lever et remettre en cause cet ordre tout fait avec des traitements qui n’ont jamais marché nulle part mais que nous continuons à appliquer comme des zombies (et souvent avec un zèle effarant) à nos populations.

Obambé GAKOSSO, January 2012©

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2 réponses à “Bradage de la Santé: le Parlement grec dit non”

  1. 26 01 2012
    Christian (13:46:30) :

    Bonjour Bambi,

    Ce que tu dis serait valable à condition d’avoir un Parlement libre chez nous. Or, dans le cas du Congo, tout le monde sait que Sassou Nguesso nomme les députés. Ces derniers lui sont redevables et ne peuvent en aucun cas se permettre de lui déplaire. Dans un pays où chaque voyage du chef oblige tous les ministres à aller à l’aéroport pour aller saluer le président, il ne faut rien attendre de bon.

    Christian

  2. 27 01 2012
    Alain (23:18:02) :

    Si les femmes grecques sont belles, elles peuvent s’en sortir.

    Alain

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