Le Congo, ou comment vivre sans électricité

13 11 2011

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CE SUJET EST RÉCURRENT. Je n’aurais de cesse d’en parler et d’en reparler. Le Congo (le petit) a tout pour être autonome en énergies. Ce pays a largement les moyens pour fournir de l’électricité à toute la population. Les Congolais doivent le savoir et il faut le leur dire: tout le monde devrait avoir de l’eau potable et de l’énergie électrique, 24h/24. Mais plus de 50 ans après l’accession à la souveraineté internationale, le constat est là: c’est un échec plus que complet. Les gouvernements successifs ont lamentablement échoué

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MERCREDI 29 MAI 1985. Les clubs de Liverpool FC (Angleterre) et de la Juventus de Torino (Italie) doivent jouer la finale la Coupe d’Europe des clubs champions à Bruxelles. Nous sommes nombreux devant l’écran de télévision et, à notre grande surprise, il y a coupure d’électricité. Nous sommes à Ouenzé et, en sortant de la maison, je me rends compte que c’est tout le quartier qui est plongé dans l’obscurité. Impossible pour moi d’aller très loin, les parents n’étant pas là, il faut s’occuper des jeunes frères et ne pas les laisser seuls. 26 ans après, j’ai un Frère qui vit à Ndjindji et avec qui nous avons parlé récemment d’un match de football. Il m’a dit grosso modo ceci: J’ai mis une parabole pour suivre les matches, mais avec les coupures d’électricité, c’est impossible de suivre un match. Entre 1985 et 2011 il y a tout de même 26 ans et la situation du Congo sur ce point va de mal en pis. Les ministres de l’Energie ne cessent de se succéder à la tête de ce département. Ils sont tous bardés de diplômes (minimum, ingénieurs), mais la situation ne fait que se dégrader: encore une fois, il faut dire aux nôtres que le diplôme ne fait pas la compétence. En 22 ans, le Premier ministre malaisien, Mahathir Ibn Muhammad a redressé son pays. Il en a fait un tigre, un dragon qui joue dans la cour des grands sur le plan économique, en mettant les IFO dehors, en allant chercher les sous ailleurs et en commençant d’abord à ses compatriotes à travailler plus et bien.

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IL Y A DES PETITS SIGNES qui peuvent indiquer l’importance que l’on peut accorder à un projet, à un dessein. La SNE (Société nationale d’énergie) n’a pas de site Internet à ce jour. Avec le temps, on a l’impression que cette société est là pour recouvrer les sous auprès des usagers qui en fait sont devenus des clients, mais des clients très mal traités. Cette société n’a pas fait, à ma connaissance, les investissements nécessaires pour se moderniser et entrer de plain-pied dans le vingt-et-unième siècle. Le moindre élève sortant d’une école d’ingénieur en électricité, en électrotechnique, etc. est capable de proposer un projet sérieux de réfection d’un réseau électrique aussi modeste que celui de notre pays. Combien d’ingénieurs sont sollicités par le ministère et par la SNE? Nous-a-ton dit un seul jour combien d’argent il fallait investir pour que la lumière soit en permanence présente dans nos foyers? Chaque année, on nous promet l’électricité pour « bientôt », pour « demain ». Là encore, je vais me répéter, mais c’est en attendant Godot. Il est frappant tout de même de se rendre compte qu’au Gabon, au Sénégal, ces problèmes sont frappants. Même si au Sénégal, on incrimine la qualité du carburant. Le ministre Samuel Sarr a du rendre son tablier après avoir occupé le ministre d’État, chargé de l’Énergie trois ans durant. Des ministres africains se réunissent tous les jours pour tous les sujets du monde, mais il est frappant de constater que la mutualisation des moyens sur cette question cruciale n’est toujours pas au menu pour accompagner les excellents vins et les repas pantagruéliques qui sont servis à ces occasions. Il ne suffit pas que le petit Congo achète un peu d’énergie au grand Congo pour dire que nous travaillons la main dans la main. Il nous faut aller plus loin: quelles sont les besoins journaliers? de combien de barrages avons-nous besoin et avec quels capacités? comment les financer? combien d’ingénieurs et de techniciens avons-nous? combien d’écoles en Afrique pour faire ce personnel? Voilà des questions simples qu’il serait bon d’étudier avant de se lancer dans la construction de barrages inutiles et de centrales dont on se demande comment on a pu y penser: allez à Mpila (Mfoa) et regardez la centrale thermique qui n’a jamais marché!

Obambé GAKOSSO, Novbember 2011©


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