Quand un chef d’État africain refuse des cadeaux… publiquement!

29 03 2010

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LA NOUVELLE À MON AVIS N’A PAS ETE répercutée par la presse officielle de la rive droite du Congo. J’ai eu beau cherché depuis des mois, je n’ai pas trouve trace même d’un entrefilet dans nos journaux privés comme sur TV Congo. Le Ghana et ses dirigeants, à mon humble avis ne doivent pas beaucoup être aimés, appréciés sur les bords de Madukutsékélé avec ce genre de comportements. En lisant que le chef de l’Etat ghanéen récemment élu (28/12/2008) a publiquement dit no aux cadeaux de fin d’année, je me suis dit, Encore une fois, le pays de l’Osagyefo nous montre une voie! Qui dit mieux?

JE FAIS UNE GRANDE IMPASSE (délibérément, je vous en prie) sur l’expérience extraordinaire qu’a été la période Kwamé Nkrumah, car j’y reviendrai un de ces jours, sous une autre forme. DEJA EN EN 1979, un jeune officier au teint très clair du nom de Jerry John Rawlings prend le pouvoir suite à un putsch et le rend aux civils en n’oubliant pas de dire à son peuple qu’il avait besoin avant tout « d’une révolution morale et d’un bon coup de balai » (juin-septembre 1979). Il faut noter que dans ces années-là, anciennes colonies britanniques ou françaises, le monopartisme est plus la norme que le multipartisme et les pouvoirs kaki avaient fier allure. Voyant que les civils n’étaient pas la ligne qu’il pensait avoir bien tracé pour son pays et pour son peuple, le même Rawlings surgira de nouveau sur la scène nationale en reprenant le pouvoir, à 35 ans !!! Il se fera élire puis réélire en 1992 et en 1996. En 2000, au terme de son, second et, nous l’espérons tous, ultime mandat, il laisse en place une Constitution verrouillée qui interdit au président de se présenter à un 3e mandat s’il le souhaite, jeune ou pas jeune, en bonne santé ou pas en bonne santé. C’est ainsi que celui qu’il aura battu par deux fois, John Agyekum Kufuour, le « Gentil géant » d’un mètre quatre vingt-neuf, plus âgé que lui de presque 9 ans lui succèdera aux termes d’une élection qui aura vu le candidat du NDC (National Democratic Congress), le poulain de Rawlings, battu à la loyale. A la régulière, contrastant avec tous les simulacres d’élections en vogue dans nombre de nos contrées dans ces belles années 90 et 2000. Quand on en a marre des vieux, des revenants, des anciens, on crie souvent au renouveau, pensant que la jeunesse serait la clé qui ouvrirait la porte d’un paradis après lequel on est tellement nombreux à courir. Comme si le sang frais coulant dans les veines et artères des jeunes était synonyme de compétences, de probité morale et de droiture dans la gestion de la chose publique. Kufuor, le vainqueur de 2000 n’était pas le perdreau de l’année, du haut de ses 62 ans avec ses cheveux poivre et sel. Dans les 60’ déjà le jeune diplômé d’Oxford fut vice-ministre des Affaires étrangères de son pays. 8 années durant, sans faire trop de bruit, il dirigera son pays, gagnant même une nouvelle élection face au perdant de 2000, en 2004. Il sera même à la tête de l’Union africaine en 2007/2008, comme une sorte de baroud d’honneur. Sans perdre son temps durant la campagne de 2008, il verra son parti perdre la présidentielle face au candidat du NDC, John Atta Mills, le même qui avait essuyé par deux fois des échecs lors des présidentielles précédentes. On se souvient tous, grâce au Net, à la presse écrite ouest-africaine de la qualité et de la hauteur du débat télévisé qui avait opposé les challengers à cette élection. Amer, le perdant reconnaîtra sa défaite et le pays continuera de tourner. Non content de donner des leçons, sans la moindre arrogance, à pas mal de leurs frères d’Afrique, à commencer par leurs voisins les plus immédiats, les dirigeants ghanéens ont donc innové en cette fin d’année 2009 avec les propos tenus par leur chef d’Etat qui a clairement dit à ses compatriotes que tous les courtisans, les chefs traditionnels, les chefs d’entreprises et autres qui voudraient se montrer généreux avec lui, avec leurs cadeaux (véhicules 4*4, bovins etc.) pouvaient désormais faire des économies car c’en était fini. Il n’en veut pas (plus). Combien connaissons-nous de chefs d’Etat avec autant de franchise, de sincérité, quel que soit le pays en ce bas monde ? C’est un discours qui tranche avec des habitudes qui datent de je ne sais quelle époque où, dès qu’on était nommé à un poste important ou élu, on recevait de belles félicitations accompagnées d’enveloppes bien remplies et je ne sais quoi d’autre comme cadeaux. Même les journalistes burkinabè de L’observateur Paalga, n’ont pas hésité à faire la comparaison avec les pratiques des dirigeants, pourtant, dit-on, du « Pays des Hommes intègres »… 3images.jpg« Mon rêve est que le Ghana soit un pays qui tire l’Afrique vers le haut », dit Atta Mills

IL ME REVIENT EN MEMOIRE, dans notre cher Congo il y a quelques années, d’un jeune homme qui me racontait comment, le lendemain même qui avait suivi la nomination de son pater à un poste où les billets de banque circulaient à la vitesse de l’éclair, son père avait reçu de drôles de cadeaux de la part de certains brillants opérateurs économiques libanais : 2 véhicules 4*4, un magnifique living-room qui eut même du mal à entrer dans le salon du récent nommé, tant il était immense. Et le pater de dire à son fils : « Mais je ne les connais même pas, ces gens-là ! » Gêné qu’il fut par les véhicules (à son avis cela faisait trop gros, il ne voulait pas être taxé de voleurs avant même d’avoir commencé à toucher sa 1e paie), il rendra les véhicules aux donateurs. Que nenni ! Nullement découragés, ces derniers se pointeront de nouveau chez lui avec plein de sous, plein de sous. Et ce fut le début d’une amitié solide que seule la mort de cet homme interrompra. 


Obambé GAKOSSO, March 2010© 

 


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8 réponses à “Quand un chef d’État africain refuse des cadeaux… publiquement!”

  1. 29 03 2010
    Mosakoli (17:00:38) :

    Iwuba la kièrè,
    Kula ka po yi, baré a bissi…
    Qui sais-tu au Congo qui peut refuser un cadeau? Et qui sait si le pater de ton petit n’avait pas seulement donné la consignes à ces genereux libanais de revenir quekques temps après, n’oublie pas que papa Wemba a dit « soki moto a yebi koloba fraçais té, bo seka yé té, tango mosusu aza mabé na calcul », ils sont très rusés ces pouritiques congolais!
    Après tout, qu’il l’ait pris après, ça ne change pas le fait qu’il est corrompu!!!
    Ba zanga soni.
    Bien à toi
    Mosakoli

  2. 30 03 2010
    Bob (14:03:01) :

    Bonjour Bambi,

    Tu navigues vraiment à contre-courant et même si tu détestes le mot intellectuel, il te sied bien à la peau. Je suppose que tu n’es pas allé à la mascarade sur la tribalité ? Si en effet tu n’y es pas allé, tant mieux, il faut concentrer ces énergies sur autre chose que ça. Même regarder un match de foot c’est mieux que ça.
    Pendant que tes compatriotes mettent le masque de l’ethnie, de la tribu sur le visage, croyant résoudre tous les problèmes du Congo, et que en même temps, parmi eux, certains négocient des postes en sous-main avec le soi-disant régime détesté chaque jour, toi tu parles plus des questions hors-Congo en nous ramenant vers la fin ou vers le milieu vers ce Congo. Pas mal.
    Mais tu rêves vraiment si tu crois qu’un seul ministre, DG ou je ne sais qui du Congo peut faire ce qu’a fait Atta-Mills. Les Anglophones ne sont pas comme nous (tu vas encore te fâcher). Ils ont du style (tu me sortiras ton grand père Mungabé et ton frère Jammeh, je sais). Mais reconnais quand même qu’ils sont différents. Un homme de la classe de Atta-Mills ou de Kufuor, avoue qu’en Afrique francophone (ne te fâche pas), je n’en connais pas. Moi-même, si on vient me donner, je vais prendre car entretenir deux femmes ou plus, ici au Congo, c’est au-dessus de mes forces. Je ne sais même pas comment je fais chaque mois. Dieu est là pour nous.

    Salutations à Alain dont j’apprécie chaque jour le courage. Nous ne sommes pas nombreux à crier ainsi sur la toile notre amour pour la femme, pour les femmes. On nous traite vite d’obsédés.

    Mosakoli, j’aime beaucoup ton surnom.

    Letsaa La Kosso,
    Je ne savais pas qu’en dehors de Mme Mambou Gnali, le Congo pouvait avoir une femme d’un tel talent.

    Bonne après-midi, Bob.

  3. 31 03 2010
    idem (14:17:19) :

    Salut Bambi,

    N’en déplaise à certains qui ne voient que l’aspect « pratique » des choses et le coup de pouce que les cadeaux apportent sur le plan matériel, je crois et suis persuadée que qu’ils se trompent. Oui, ils se trompent et pas qu’un peu, car depuis que l’étranger a foulé la terrre de vos ancêtres, il n’a cessé de faire des cadeaux pour mieux vous asservir, pour mieux s’approprier vos biens.
    Est-ce si compliqué de voir les choses sous le bon angle ?
    Est-ce si difficile de comprendre que les bien matériels ne sont que l’illusion d’un pseudo bien-être qui n’apporte rien en fin de compte à l’histoire de sa propre vie ?
    Combien de cadeaux allez-vous encore accepter pour fuir vos véritables responsabilités ?
    Il faut quand même savoir que le cadeau est une forme de corruption, surtout venant d’inconnus et d’étrangers à la terre natale.
    Imaginez bien que le cadeau envoyé par les vautours ne représentent qu’un investissement infime par rapport au(x) service(s) qu’ils vont vous demander ou vous imposer par la suite.
    N »est-ce pas paradoxal d’offrir des cadeaux pour obtenir votre servitude ?
    Allons, allons, un peu de lucidité et de dignité !

    Bambi a raison de mettre l’accent sur la droiture de ce chef d’Etat Ghanéen. Au moins un qui prouve que le rôle de Chef d’Etat n’est pas de se soumettre aux cadeaux, mais bien de penser au devenir de ses concitoyens.
    C’est de cette façon, parmi d’autres, que l’Afrique se sortira de l’impasse dans laquelle elle galère depuis trop longtemps.

    Fraternellement.

  4. 3 04 2010
    Babou (13:34:21) :

    Bambi mboté na yo,

    Tu me fais vraiment rire, mon frère, vraiment rire! Pourquoi tu ne donnes pas le nom de ce Monsieur en question?
    Laisse le Ghana là où il est, on n’est pas pareils.
    Yo moko soki ba pesaka yo ba mbongo wana kasi o sali nini?
    Quand on a faim, on ne regarde pas ça! Ne te moque pas des autres s’il te plaît, toi tu as des joues, nous ici on n’en a pas.

    Babou

  5. 3 04 2010
    Obambé GAKOSSO (13:35:02) :

    @ Babou,

    Bonjour, je me suis permis de déplacer ta réponse car tu l’as mise ans un sujet qui n’a rien à voir.
    « Yo moko soki ba pesaka yo ba mbongo wana kasi o sali nini? » Na lingaki na katama yango na yak’o pesa na ya. Je sais que tu en feras un très bon usage.

    @ Mosakoli,

    Tu oublies le meuble, tu n’as pas demandé ce que ce meuble était devenu ?

    @ Bob,

    Tu exagères un peu avec les Anglos d’un côté et les Francos de l’autre. Mais le fond est là. N’oublie pas que c’est une 1e. Quel chef d’Etat, même anglophone a eu un tel geste avant lui, même si je ne dis pas qu’ils sont tous corrompus ou pas.

    @ Idem,

    « (…) il n’a cessé de faire des cadeaux pour mieux vous asservir, pour mieux s’approprier vos biens. » Si l’on pouvait comprendre cela…

    @+, O.G.

  6. 3 04 2010
    Mosakoli (17:54:42) :

    Obambé,
    Au fait, tu me rappelles, dis moi alors ce le meuble est devenu!
    Sinon, je vous souhaite à toutes et à tous bonne fête de pâques, que le bon Dieu vous bénisse! (laïc ou pas) lol
    Mosakoli

  7. 3 04 2010
    Obambé GAKOSSO (21:22:49) :

    Comme tu peux l’imaginer, Mosakoli, il avait gardé le meuble: e si e kotaki na ndako, e bima lisusu ndenge nini, ata toi-même?

    @+, O.G.

  8. 7 04 2010
    Semeki (14:03:54) :

    Bambi,

    Ton Atta Mills n’est pas Africain, je te jure. Je ne le crois pas! Dans des pays où à tous les niveaux on vole, pille et viole, il va dire des choses pareilles?

    Puisse Dieu l’entendre et sonder son coeur pour que nous sachions jusqu’à quel point il peut résister.

    Semeki

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