« Le bond en avant viendra de la diaspora! »

30 12 2009

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Ne me demandez pas ce que je lui ai demandé, car je n’en ai pas eu le temps. Je n’ai fait qu’écouter, car, comme vous le savez, le réseau téléphonique au pays déconnant souvent, je voulais profiter du vécu de ce Monsieur (appelons le X, les maths nous aident bien!) depuis qu’il est passé de l’autre côté de la barrière.

Monsieur X a été haut responsable dans une administration nationale quelques années mais, déjà, il avait d’excellentes relations avec une très grosse légume du pays dont il est devenu un collaborateur depuis un moment. Il a fait de belles études supérieures, à une époque où le Congo de Massamba Débat et de Ngouabi envoyaient les étudiants à l’étranger sans barguigner et ces derniers rentraient servir le pays, avec un boulot quasiment assuré alors même qu’ils n’avaient pas soutenu leurs maîtrises, thèses, etc.

Monsieur X dit en substance que le pays (il va même plus loin en disant L’Afrique, car Monsieur X a beaucoup voyagé à travers le continent et sa dernière expérience à ce niveau se situe à Kinshasa) ne sortia de l’ornière que grâce à la diaspora. Pour lui, il n’y a plus de mots pour qualifier ce qui se passe au pays, dans les pays qu’il a visités le long de sa carrière: nos administrations sont arrivées à un niveau de maladie qu’aucun praticien local ne peut guérir. Non, ce n’est pas possible. Personnellement, je lui ai toujours dit que dans un pays, les changements les plus radicaux, dans le sens du bien, ne peuvent qu’être initiés par le patron. Toutes les gesticulations se passant dans un bureau, dans une administration ne sont que des gouttes d’eau dans le Congo, lui, a toujours soutenu que non. Mais là, il déchante complètement. Il est choqué par les discours des chefs d’Etat africains à Copenhague, exception faite de mon très cher grand-père Abdoulaye Wade (oui, il pourrait être le père de mes parents, alors je me permets…). En effet, Monsieur X ne comprend pas pourquoi nos chefs se sont accrochés comme des morts de faim aux fameux 10 milliards de dollars. Pour en faire quoi? Pour se le répartir comment? Wade au moins, il n’a pas tendu la main, dit-il. Dignité et respect. Car, reconnaît-il, même si c’est notre droit de réclamer des sous pour la sauvegarde de l’humanité, limiter la pollution etc., les Occidentaux ne veulent pas honorer cette facture, tout le monde le sait. Nous ne pouvons rien faire nous-mêmes pour sauvegarder le Bassin du Congo et le reste de notre écosystème? Monsieur X est déchaîné, méconnaissable. Pour la 1e fois, il est rude avec un discours de DSN, lui d’habitude si prudent, même en privé. Depuis qu’il collabore activement auprès de cette grosse légume congolaise, il est vraiment persuadé qu’aucun ministre, aucun dircab’ ne peut faire avancer la machine. Elle est trop lourde, trop gangrénée. C’est consternant de voir cet universitaire avec qui j’ai tellement échangé sur Diop, Fanon, Césaire, Obenga, Senghor, Haïti, la recherche scientifique, la tradithérapie etc., cet homme toujours si drole se résigner de la sorte.  

Obambé GAKOSSO, December 2009©


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21 réponses à “« Le bond en avant viendra de la diaspora! »”

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  1. 9 01 2010
    Obambé GAKOSSO (18:58:32) :

    @ Un Compatriote,

    J’aime bien partager les musiques que j’écoute. En ce moment, c’est la chanson Belobi qui passe sur mon lecteur. Une vieillerie de, Zaïko Langa-Langa. Succulente !

    Excuse-moi du retard avec lequel je t’écris. Faute de temps…
    Encore merci pour tes mots.
    Je dois ce prénom à ma branche paternelle. J’ai un papa plutôt conservateur sur ce plan (si je puis utiliser ce terme) qui estime que nous les Nègres, d’Afrique ou d’ailleurs, nous n’avons pas à porter de noms ou de prénoms occidentaux. Ce qui fait que tous ses enfants ne portent que des prénoms africains.

    Bonne année à toi et tu es le bienvenu dans ce village qui est aussi le tien.
    « (…) et je dois t’avouer qu’avec le temps, ton écriture s’affine » Merci.
    « Il te faudra un jour coucher tes idées sur papier » Inch’Allah !
    « sauf lorsqu’il s’agit d’aller boire de l’alcool, de b… les femmes des autres, ses soeurs et ses filles » Ah! tu sais, le pays, la vie, les filles… C’est aussi ce qui fait nos contrées, en plus de la beauté des paysages et des Hommes de bonne volonté qui ont du mal à s’affirmer.
    « (…) et je me demande ce que tu utilises comme sources » Très diverses : lectures / causeries avec les aînés /radio / Net.
    Pour la diaspora, comme j’ai dit ailleurs, ça viendra. Je suis effaré de voir combien ce sujet est passionnant.

    Je comprends que l’âge avançant, tu aies perdu tes illusions. Mais il ne faut point céder. J’ai eu le plaisir de faire la connaissance du Vieux Abel Goumba. A plus de 80 ans, même s’il m’avait dit qu’il ne savait pas comment nous, les plus jeunes que lui allions faire pour nous libérer de l’emprise de la France et Cie, il avait toujours la même combativité. Il a travaillé jusqu’au jour où il a poussé son dernier souffle. A plus de 80 ans, il dirigeait des jurys de thèses. Il lisait des livres sur l’égyptologie. L’un de mes plus grands regrets c’est de n’avoir pu me libérer ce jour de 2007 (je crois) quand des Frères avec qui je travaille l’a fait se rencontrer avec Théophile Obenga. Malgré leurs âges avancés, les deux hommes se vouaient une admiration réciproque qui était sincère. Je suis sûr que ce jour-là, j’en aurais encore appris plus.

    O plaisir, O.G.

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